APRES
LA SAINT MARTIN
C'était
quelque temps après la Saint-Martin
J'allais alors à Gahatagat,
sur le plateau
Je m'en allais, comme on s'en va
et qu'on ne sait même plus quel jour on est
Il y avait longtemps que la neige tombait
Elle recouvrait tout
Et d'un seul coup le vent souffla si violemment
que je dus baisser le visage
et j'aperçus soudain avec une âme toute petite
que, toujours en avance d'un pas,
j'avais devant moi une trace toute fraîche
Il
n'y avait pas alentour âme qui vive
Qui donc pouvait ainsi marcher au-devant de moi ?
Oui, c'était bien moi qui marchais devant moi
VLADIMIR HOLAN